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Diplomatie de l’eau : une nouvelle passerelle Québec–Bénin

Le 24 septembre 2026, la Commission économique des Nations Unies pour l’Europe a confirmé l’adhésion du Bénin à la Convention des Nations Unies sur l’eau. Le pays devient la 61e Partie à ce cadre juridique mondial consacré à la coopération sur les eaux transfrontières. Pour le Bénin, dont plus de 56 % du territoire se situe dans les bassins transfrontaliers du Mono, du Niger et de la Volta, l’enjeu dépasse l’environnement : il touche l’agriculture, les infrastructures, le commerce régional et la résilience climatique.

Illustration : ingénieurs dans une installation de traitement de l’eau
Illustration générée — ne représente pas une activité de KABA INTERNATIONAL inc.

L’eau entre officiellement dans la diplomatie béninoise

L’adhésion du Bénin à la Convention sur la protection et l’utilisation des cours d’eau transfrontières et des lacs internationaux a été officialisée à New York, dans le cadre de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations Unies.

Selon la CEE-ONU, le Bénin devient la 61e Partie à la Convention. Cette adhésion ouvre de nouvelles possibilités de coopération autour des bassins et aquifères partagés avec les pays voisins.

Le sujet est particulièrement stratégique pour un État dont une part importante du territoire dépend de ressources hydriques qui ne s’arrêtent pas aux frontières nationales. Plus de 56 % du territoire béninois se trouve dans les bassins transfrontaliers du Mono, du Niger et de la Volta.

La gestion de l’eau devient ainsi un sujet de diplomatie régionale autant qu’un enjeu de développement.

Une ressource souterraine stratégique pour quatre pays

La CEE-ONU souligne notamment l’importance de l’aquifère sédimentaire côtier du golfe de Guinée, partagé par le Ghana, le Togo, le Bénin et le Nigeria. Cet aquifère alimente en eau potable des millions de personnes.

Or, selon l’organisation, il ne dispose pas encore d’un cadre formel de gouvernance transfrontalière. Le fait que les quatre pays soient désormais Parties à la Convention crée une base commune pour envisager une gouvernance coordonnée.

Il faut toutefois rester précis : la Convention ouvre la possibilité d’un cadre conjoint, mais je ne peux pas confirmer qu’un accord spécifique de gouvernance de cet aquifère a déjà été conclu.

L’eau est aussi une infrastructure économique

L’eau ne concerne pas uniquement les politiques environnementales. Elle conditionne l’agriculture, l’agro-industrie, l’énergie, l’urbanisation, la santé publique, le tourisme et de nombreuses activités industrielles.

Dans une économie en croissance, la sécurité hydrique influence donc directement la compétitivité des territoires.

La CEE-ONU note par ailleurs que les bassins du Mono et du Niger sont associés à des axes commerciaux régionaux importants. Une meilleure coopération sur les ressources en eau peut contribuer à la stabilité des territoires traversés et à une gestion plus prévisible des risques.

La chaîne de valeur peut se résumer ainsi : EAU — TERRITOIRE — PRODUCTION — COMMERCE — STABILITÉ.

Le Canada travaille lui aussi à l’échelle des bassins

Le Canada possède une longue expérience de coopération intergouvernementale sur les bassins partagés. Le 9 septembre 2026, le Canada et le Manitoba ont prolongé jusqu’en 2031 leur protocole d’entente sur le lac Winnipeg et son bassin.

Le bassin couvre près d’un million de kilomètres carrés, quatre provinces canadiennes et quatre États américains. Le mécanisme appuie la recherche scientifique, la surveillance, le partage d’informations et la coordination des priorités.

Le même jour, l’Agence de l’eau du Canada a lancé une mobilisation publique en vue de la première Stratégie nationale sur la sécurité de l’eau du pays. Le 28 septembre, elle a également signé un protocole d’entente avec des partenaires philanthropiques pour renforcer la collaboration sur les priorités de sécurité hydrique.

Ces dispositifs ne sont pas des modèles à reproduire tels quels au Bénin. Ils constituent néanmoins des expériences utiles de gouvernance multi-acteurs et multi-juridictions.

Le Québec possède un écosystème d’innovation pertinent

Le Québec développe également un écosystème consacré à la gestion durable de l’eau. En mars 2026, le gouvernement a annoncé un appui financier au Carrefour de l’eau de Québec, initiative comprenant notamment des laboratoires, un banc d’essai de technologies à échelle réelle, un incubateur d’entreprises spécialisées et une usine mobile de recyclage des eaux usées.

Cette capacité d’innovation intéresse directement les besoins liés à la mesure, au traitement, à l’assainissement, à la surveillance et à la réutilisation de l’eau.

Il serait toutefois prématuré de parler d’un programme officiel Québec–Bénin sur l’eau. Je ne peux pas confirmer qu’un tel programme existe actuellement.

Ce que cela signifie pour KABA INTERNATIONAL inc.

Pour KABA INTERNATIONAL inc., ce dossier ouvre un champ de diplomatie économique particulièrement intéressant : la mise en relation des expertises québécoises avec les besoins béninois et ouest-africains en matière de gestion de l’eau.

Une première étape pourrait consister à cartographier les entreprises, centres de recherche et organisations québécoises actifs dans le traitement de l’eau, la surveillance des réseaux, l’assainissement, les capteurs, les données hydrologiques et l’adaptation climatique.

En parallèle, KABA pourrait suivre les projets, appels d’offres et mécanismes de financement liés à l’eau au Bénin afin d’identifier uniquement les occasions concrètes et vérifiables.

Le rôle de KABA serait celui d’une interface de veille, de qualification et de mise en relation, et non celui d’un opérateur technique.

La logique : MESURER — PROTÉGER — COOPÉRER — INNOVER.

Conclusion

L’adhésion du Bénin à la Convention sur l’eau montre que la gestion hydrique devient un véritable sujet de politique internationale.

Dans un contexte de changement climatique, de croissance urbaine et de développement agricole, l’eau devient une infrastructure de sécurité économique. Le Bénin entre dans un cadre mondial de coopération au moment où le Canada et le Québec renforcent eux aussi leurs politiques, leurs mécanismes de gouvernance et leurs capacités d’innovation dans ce domaine.

La prochaine étape consiste à transformer cette convergence en projets concrets, fondés sur les besoins, les financements disponibles et des partenaires qualifiés.

Sources

• CEE-ONU — « Le Bénin adhère à la Convention des Nations Unies sur l’eau », 24 septembre 2026

• Agence de l’eau du Canada — Renouvellement du protocole Canada–Manitoba sur le lac Winnipeg, 9 septembre 2026

• Agence de l’eau du Canada — Mobilisation publique pour la Stratégie nationale sur la sécurité de l’eau, 9 septembre 2026

• Gouvernement du Québec — « L’innovation au service d’une gestion durable de l’eau », 16 mars 2026

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